Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 10:30


556771599_0ef12dbebe_o4.jpg

 

 

 

Je sors de la douche. J'ai pris une douche à cette heure ci, au beau milieu de la nuit, parce que j'en avais besoin. Je n'étais pas particulièrement sale non. Mais je ne sais pas, quand à ce moment de la nuit on voit mieux les yeux fermés qu'ouverts, quand la nuit enveloppe tout, prendre une douche, ça m'est apparu comme une évidence. Et pendant dix courtes minutes, il n'y avait plus rien. J'aurais voulu tout effacer sur moi. Après tout, si on fabrique des produits « gommants », c'est pour quoi ? Alors j'ai frotté, frotté et frotté encore pour que l'eau emporte avec elle toute ma tristesse, cette saleté qui me dégouline dessus.


Y'a souvent une dame qui prend le bus en même temps que moi. Une grosse dame aux cheveux gras qui sent le chien mouillé. Avec un gros sac de courses remplis de produits ménagers. Elle me rend triste cette dame. On dirait qu'elle passe son temps à faire les courses et à nettoyer chez elle. Comme si un matin, elle s'était réveillée en se disant que tout était fini. Seulement, ça s'est même pas passé comme ça. Progressivement, elle a perdu ses rêves, l'envie de plaire, l'envie d'être jolie. Pourtant, elle a bien dû être coquette au moins une fois. Tout le monde veut un jour plaire, pour une raison ou une autre. Mais aujourd'hui, elle s'en fout. Et dans le bus, on ne se colle pas trop à elle parce qu'elle a les cheveux gras et qu'elle sent le chien mouillé. On s'en éloigne comme de la peste. Pourtant, elle n'a pas de boutons purulents qui lui sortent de la peau. La seule chose qui pullule, c'est sa tristesse. Elle suinte de partout. Elle transpire la tristesse.


Tout ça pour dire que je ne veux pas devenir la grosse dame de la ligne 1. Je veux pas perdre mes espoir, que mon avenir ne soit que du vent. Alors ce soir, j'ai pris une douche. Et pendant ce temps, mon avenir, c'était juste la minute d'après. Dix minutes pour n'être plus rien. Alors quand j'ai coupé l'eau et que mon pied a touché le tapis de bain, y'a comme un truc qui s'est terminé en moi. Comme si une maitresse avait sonné la fin de la récréation.

 

J'ai peur de sentir le chien mouillé.

Par Agevalram - Publié dans : Textes libres
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Retour à l'accueil

Pour aller plus vite

Pour faciliter un peu la navigation, quelques liens vers les derniers articles publiés des différents projets (accessibles via le bandeau en haut de la page)

Un grand merci : MERCI, à Decristo pour son aide, et pour la peine, un petit lien en plus, c'est gratuit.

 

Revival (terminée)

Premier chapître : Le réveil (revu)  

Dernier chapître : One of these morning

 

Avant la nuit (terminée)

Premier chapître : 1

Dernier chapître : 24

 

Cells (en cours)

Dale

 

Textes libres

Triangulée Bermudes  


 

Catégories

Présentation

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés