Partager l'article ! 9: Les semaines suivantes furent une succession d'impasses. À chaque fois que Céleste pensait découvrir une nouvelle piste, elle se heurta ...
Les semaines suivantes furent une succession d'impasses. À chaque fois que Céleste pensait découvrir une nouvelle piste, elle se heurtait à un mur.
Elle avait prit son carnet d'adresses et avait appelé chaque personne. Le répertoire ne comptait pas énormément de contacts mais suffisamment pour que quelqu'un puisse l'aider. Mais Céleste s'était vite rendue compte que personne n'était en mesure de répondre à ses questions. Personne ne savait de quoi elle parlait, tout le monde disait qu'elle était encore choquée de l'accident qu'elle avait eu.
Ils répondaient tous évasivement, certains avaient même décroché et s'étaient tus dès que Céleste avait ouvert la bouche. Soit il ne voulaient pas répondre, soit ils étaient choqués de l'entendre. Céleste était confrontée à ce genre d'attitude tous les jours. Elle ne sortait pas beaucoup mais les gens ne pouvaient s'empêcher de lui jeter de petits regards en coin quand c'était le cas. Céleste n'essayait plus d'engager la conversation, elle savait que ça ne mènerait à rien.
La seule avancée que Céleste connu grâce à ces coups de fil fut qu'elle découvrit ce qu'était la frustration. Elle s'était rendue compte de ce changement après un énième coup de téléphone infructueux. Quelque chose était né en elle, au fond de son estomac. Quelque chose d'indéfinissable, mais qui n'avait cessé de prendre de plus en plus de place en elle. Alors qu'elle sentait ce changement imperceptible se propager en elle, une vague de souvenirs était venue la submerger.
Elle s'était rappelée de toutes les fois où elle avait éprouvé cette chose auparavant. Les souvenirs vinrent par paquets, et Céleste eut un peu de mal à tout assimiler. Elle se rappela de choses très anciennes, comme cette fois où elle avait été punie pour quelque chose que Louis avait fait. Elle se rappela très clairement ce qu'elle avait ressenti à ce moment là : de la frustration, intense, devant cette injustice.
Oui, désormais, Céleste ressentait quelque chose. Ça n'était pas à proprement parler physique, c'était de la frustration, de la contrariété.
Elle voulait des réponses et n'en avait pas. Les jours passaient sans qu'elle avance en rien dans ses recherches. Et cette situation devenait franchement désagréable.
Dès lors qu'elle la ressentit, cette contrariété ne la quitta plus. Elle l'accompagnait du matin au soir dans ses recherches. Elle était frustrée quand elle regardait ce tatouage dans son cou, quand elle se forçait à manger devant ses parents, quand elle raccrochait le téléphone, quand elle attendait le sommeil au milieu de la nuit...
Plusieurs fois, elle se demanda si à force de s'entrainer, elle pourrait retrouver toutes les autres émotions qui lui manquaient. Après tout, si cette frustration était réapparue, pourquoi n'en serait-il pas de même avec les autres sentiments ?
Elle étudia pendant des heures les photographies qu'elle connaissait déjà par cœur, et tenta de reproduire dans la réalité les actions qui lui avaient procuré tant de joie par le passé. Elle fit des gâteaux, alla sur la balançoire, regarda les films qui étaient apparemment ses préférés mais rien ne vint. Tous ces efforts ne firent que l'agacer encore un peu plus. Elle se sentait totalement impuissante.
En désespoir de cause, elle s'était même piqué le bout du doigt avec une aiguille, persuadée qu'elle n'était pas vraiment humaine. Mais une petite perle rouge était apparue, et Céleste fut forcée d'admettre que malgré tout, elle était normalement constituée. Alors, qu'est-ce qui clochait ?
Cet après-midi là, Céleste finit de manger tôt. Elle enfila un chaud manteau et prévint ses parents qu'elle sortait se promener. Ils ne se méfièrent pas. Ils s'étaient peu à peu habitués à cette fille qui était la leur mais qu'ils ne reconnaissaient plus. Ce jour là, il pleuvait des cordes, mais après tout, si elle voulait sortir... À pieds, elle ne pouvait pas aller bien loin.
Céleste n'était pas encore arrivée au bord de la rue qu'elle était déjà trempée. Elle regarda sa montre, et constata qu'elle avait plusieurs heures devant elle. Quand elle était sortie de l'hôpital, elle était encore faible, mais elle était presque sure que le trajet qu'elle avait fait avec ses parents pour rentrer chez eux n'avait pas duré plus d'un quart d'heure en voiture. Elle partit donc d'un pas alerte, sans se soucier de la pluie qui dégoulinait le long de ses cheveux. Elle avait décidé qu'il était temps de chercher des réponses ailleurs que dans la maison familiale et elle avait pensé que l'hôpital était l'endroit idéal pour commencer ses nouvelles recherches.
Elle marcha pendant plusieurs heures le long de rues désertées par les passants, que la pluie avait effrayés. Elle ne regarda pas sa montre et marcha un long moment. Cela faisait déjà plusieurs heures qu'il n'y avait plus une seule partie de son corps qui n'était pas trempée quand elle aperçut enfin l'hôpital.
Céleste n'était pas spécialement fatiguée, elle aurait pu continuer à marcher plusieurs heures de plus s'il avait fallu.
Le bâtiment était le même que dans ses souvenirs, c'est à dire qu'il ne ressemblait pas à un hôpital. Le parking était toujours aussi désert que la dernière fois où Céleste s'était trouvée là. La jeune fille traversa le parking et s'engouffra dans le bâtiment. Le hall était désert. Céleste resta quelques minutes debout au milieu de la grande pièce et regarda autour d'elle. Tout était calme. Les seuls bruits qu'elle entendait étaient ceux des gouttes d'eau tombant de ses cheveux pour aller s'écraser par terre. Rapidement, ses pieds furent entourés d'une petite flaque s'agrandissant doucement.
Après quelques minutes de réflexion, Céleste décida de retourner dans son ancienne chambre, sans réellement savoir ce qu'elle cherchait. Elle était venue ici sans vraiment réfléchir à ce qu'elle ferait une fois là. Elle longea le couloir sans s'arrêter devant les dizaines de portes fermées. Finalement, elle reconnut la porte de sa chambre et ouvrit doucement la porte.
Elle ne savait pas vraiment à quoi elle s'attendait, mais surement pas à ça.
La pièce n'était pas vide. Il y avait quelqu'un dans le lit. Céleste eut l'impression d'avoir déjà vécu la scène. Et elle comprit rapidement d'où lui venait cette idée. Il y avait une jeune fille dans le lit. Elle ne bougeait pas et n'était branchée à aucun appareil, si bien qu'on aurait pu croire qu'elle était morte. Céleste le crut d'ailleurs pendant quelques secondes avant de remarquer le léger mouvement que la respiration de la fille faisait naitre sur les draps du lit. Elle dormait. Céleste voyait quelqu'un dans la situation où elle-même s'était trouvée quelques temps plus tôt. Céleste ne sut pas trop ce qu'elle devait faire. Cette fille n'allait pas répondre à ses questions, elle ne la connaissait même pas. Elle allait rebrousser chemin pour trouver une infirmière mais se ravisa au dernier moment et retourna s'asseoir sur un fauteuil au coin de la chambre.
Elle resta assise là un long moment, dans le silence, à regarder la jeune fille dormir. Elle ne bougeait pas et semblait parfaitement détendue. Céleste réfléchissait.
Au bout d'un moment, elle se releva. Elle devait trouver quelqu'un à qui parler sans tarder si elle voulait être rentrée avant la nuit. Elle s'approcha doucement du lit et observa le visage endormi. Elle avança sa main vers l'oreiller et tenta de soulever doucement les cheveux de la jeune fille. Au moment même où elle allait soulever sa tête pour regarder sa nuque, la jeune fille ouvrit grand les yeux.
Pour faciliter un peu la navigation, quelques liens vers les derniers articles publiés des différents projets (accessibles via le bandeau en haut de la page)
Un grand merci : MERCI, à Decristo pour son aide, et pour la peine, un petit lien en plus, c'est gratuit.
Revival (terminée)
Premier chapître : Le réveil (revu)
Dernier chapître : One of these morning
Avant la nuit (terminée)
Premier chapître : 1
Dernier chapître : 24
Cells (en cours)
Textes libres